La discrimination intersectionnelle : quand le genre et l'origine se cumulent
Le concept d’intersectionnalité, développé par Kimberlé Crenshaw à la fin des années 1980, décrit la manière dont plusieurs formes de discrimination se superposent et se renforcent. Pour une jeune femme issue de l’immigration, il ne s’agit pas d’une seule discrimination mais souvent de deux ou trois : le genre, l’origine, et parfois la religion ou le lieu de vie.
En France, le taux de chômage des immigrés est de 11,2 % , contre 6,4 % pour les personnes sans ascendance migratoire. Parmi les immigrés hors UE, l'écart de taux d'activité entre hommes et femmes atteint 19 points . En miroir, le taux de chômage global des femmes en France est d’environ 7,2 %, légèrement inférieur à celui des hommes (7,7 %). (Sources : Enquête emploi continu, INSEE 2024, via le Ministère de l’Intérieur – DGEF)
Ces chiffres représentent des carrières freinées, des diplômes non reconnus et des candidatures recalées à cause d'un prénom, d'une adresse ou de l'apparence. Au-delà du marché du travail, ces femmes sont souvent confrontées à d'autres vulnérabilités : accès restreint aux services de santé, risques d'exploitation financière, mobilité réduite, discriminations au sein de leurs communautés. L'autonomie économique n'est pas seulement une question de salaire : elle est aussi une question de liberté et de dignité.
L'autonomie économique, pilier de l'émancipation : l'écho du thème ONU 2026
Véronique et Najma, DUO for a JOB Lyon
En 2026, ONU Femmes place la Journée internationale des droits des femmes sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles. » Ce triptyque prend tout son sens pour les femmes issues de l'immigration : avoir des droits ne suffit pas si l'on n'a pas les moyens de les exercer. Et ces moyens commencent souvent par l'autonomie économique.
Un emploi, une formation ou un projet professionnel abouti constitue la première pierre d'une émancipation réelle. Gagner son propre argent permet également de décider librement de sa vie.
Le mentorat intergénérationnel ouvre une porte, crée un lien et restitue une confiance souvent érodée par des années de démarches administratives, de refus ou d'invisibilité.
« En leur fournissant les outils pour surmonter les obstacles à l'emploi, les mentors deviennent le tremplin dont ces femmes ont besoin pour gagner en autonomie, tant dans leur vie professionnelle que personnelle. » Prunelle Gorget, Directrice France — DUO for a JOB
Le mentorat : un levier pour déconstruire les stéréotypes
Floride et Sophie, DUO for a JOB à Paris
Le programme DUO for a JOB agit directement sur les discriminations liées au genre et à l'origine. Pendant six mois, il met en relation deux personnes que tout semble séparer - âge, parcours, culture - pour des rendez-vous hebdomadaires. Cet espace de rencontre permet de créer un lien de confiance et de cheminer ensemble vers des objectifs professionnels concrets.
Pour la jeune femme, le mentorat offre la reconnaissance de ses compétences et de son potentiel, indépendamment de son prénom, de son accent ou de son origine. Il s'agit d'une première étape vers l'émancipation et la confiance en soi. Le mentor accompagne, guide et montre que des ambitions professionnelles élevées sont possibles, tout en déconstruisant les stéréotypes qu'elle a pu intérioriser.
Dans les duos 100 % féminins, la mentore joue un rôle particulier. Elle a elle-même navigué dans un monde professionnel souvent peu accueillant pour les femmes : biais de genre, plafond de verre, charge mentale… Elle peut partager son expérience, écouter sans jugement et soutenir la jeune femme dans ses choix. Cela crée un espace sûr où la jeune peut s'exprimer pleinement et se projeter dans l'avenir professionnel.
L'expérience est également enrichissante pour les mentors femmes. Elles développent des compétences en écoute, en accompagnement et en empathie, et repartent souvent avec un regard renouvelé sur la diversité et la réussite professionnelle féminine. Beaucoup choisissent de s'engager à nouveau pour un deuxième, troisième voire même dixième duo.
Conclusion : du mentorat au droit, du droit à l'action Le thème de l'ONU en 2026 « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles. » ne peut pas rester un slogan. Il doit se traduire en gestes concrets, en dispositifs qui font la différence dans la vie réelle des femmes. Le mentorat intergénérationnel, tel que le pratique DUO for a JOB, est l'un de ces dispositifs. Il ne prétend pas résoudre seul les inégalités structurelles. Mais il agit là où tout commence : dans la relation humaine, dans la confiance retrouvée, dans la projection professionnelle redevenue possible.
L'autonomie économique n'est pas un luxe. C'est un droit. Et le mentorat est l'une des clés pour le rendre accessible à celles qui en ont le plus besoin.
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